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Enseigne de l'Atelier Public de Distillation de l'auteur

Vous êtes sur le site de Matthieu Frécon, distillateur depuis 1998.

Matthieu et sa recolte

Vous y trouverez des informations sur la distillation des eaux-de-vie, sur les bouilleurs de cru, les distillateurs d'huiles essentielles et les médecines naturelles utilisant l'alambic. Vous y trouverez aussi l'actualité de la Distillerie de Bagnes à Sarreyer (Valais, Suisse) et des différentes activités simples (les plantes), ou alambiquées de Matthieu…

Quelques lignes de présentation…
Je suis distillateur depuis 1998. J'ai distillé en Bourgogne dans un Atelier Public des plus traditionnels, puis dans l'Hérault, magnifique région de fruits, de vins et de plantes aromatiques & médicinales. J'ai participé avec les vignerons de Faugères à la renaissance de la Fine Faugères que j'ai distillé de 2000 à 2014. En 2016, je me suis installé dans les Alpes valaisannes en Suisse pour créer la Distillerie de Bagnes (Edelweiss Distillerie) à 1300 mètres d'altitude, dans une région extraordinaire pour ses plantes sauvages. Dans ces montagnes, je me suis spécialisé dans les eaux-de-vie de plantes, absinthe en particulier, et dans les alcools aux propriétés médicinales.
Les plantes
Je distille donc des eaux-de-vie de plantes, mais aussi quelques hydrolats, eau-de-rose en particulier. Je fabrique aussi des recettes alicamentaires comme des vinaigres médicinaux, des sirops, ou la fameuse Thériaque, recette originale qui nous vient de la Grèce antique…
Étudiant herboriste et apprenti paysan, je me défini, sans prétendre à la maîtrise, comme paysan-distillateur-herboriste.
Cette Distillerie de Bagnes est donc une ferme avec ses cultures, ses alambics et, je n'en n'ai pas parlé, son laboratoire de spagyrie.
La spagyrie est la médecine alchimique de Paracelse (médecin suisse-allemand du XVI° siècle). C'est une médecine végétale très développée en Suisse que je pratique depuis 40 ans et qui est très complémentaire avec la distillation des eaux-de-vie (Rabelais disait de Paracelse : "Toujours ivre, toujours lucide !"). Il y a donc un laboratoire de recherche et de production d'élixirs spagyriques à la ferme.

Le site
J'ai créé ce site en 2010 pour publier mes recherches, annoncer mes stages et conférences, et créer des liens avec les alcoollègues francophones. Il comprend donc l'agenda de mes activités, mes articles, quelques nouvelles, des ressources pour les distillateurs, dont de larges extraits de mon livre "L'Alambic, l'Art de la Distillation, alcools, parfums, médecines" que vous pouvez commander ici.
Je vous laisse découvrir ce site qui ressemble a un vieux grenier… Il faut parfois chercher, vous comprendrez vite que je suis distillateur et non webmaster. La passion de partager ne suffit pas toujours, mais j'ai confiance en vous !
Vous trouverez plus bas dans cette page la table des articles du blog, ce n'est pas inutile…
J'espère de toutes façons que vous trouverez, sinon ce que vous cherchez, au moins un encouragement à réaliser votre passion si elle concerne la distillation, les plantes, ou l'alchimie. En tous, cas, si ce site vous donne envie de pratiquer, mon but sera atteint !
Quand j'ai ouvert ce site et commencé l'enseignement, la distillation artisanale était moribonde. Depuis, des centaines de micro-distilleries se sont ouvertes, il y a des syndicats, les lois mêmes se sont adaptées à nos besoins…
Aujourd'hui, mon axe de recherches, mon combat aussi, est de contribuer à la reconnaissance de l'aspect médicinal de l'eau-de-vie, car l'eau-de-vie est traditionnellement un remède, un alicament, et non une drogue ou un poison. Je vous laisse avec cette proposition !
Bonne visite !

Matthieu
Distillerie de Bagnes, Printemps 2025.

 

Au fait !
En visitant ce site, vous comprendrez que je n'ai pas ménagé mon temps pour vous offrir ces ressources… Ne serait-ce que pour contribuer aux frais du site, je vous remercie de me laisser votre écot et me "payer un café (arrosé)"

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Merci !
MatthieuMatthieu distille depuis son fauteuil

Logo pt

 

dessin : Cécilia Chauvet

 

 

L'ALAMBIC !
La troisième édition du best dist-seller de l'art de distiller est sortie ! C'est encore Ambre l'éditeur. Vous pouvez le commander sur son site https://editions-ambre.fr/boutique/sante/lalambic-lart-de-la-distillation/?wmc-currency=EURCouv 3 e d
   De nombreux chapitres ont été augmentés ou ajoutés, quelques petites fautes ont été corrigées, bref, n'hésitez pas à commander cette nouvelle édition qui est comme une repasse de la première…
    271 pages 16 X 24,5 cm, couverture cartonnée, très nombreuse illustrations dans le texte.


Table des articles du blog :

  • L'imaginaire scientifique, l'alambic et l'alchimie

    Flore Herbert, spécialiste de la recherche dans le domaine de l'imaginaire scientifique m'a contacté dans le cadre d'une recherche sur les bouilleurs de crus alchimistes… je ne savais pas que l'on était plusieurs bouilleurs/alchimistes et cette découverte me ravit au plus haut point…

    Flore est venu m'interviewer pendant le dernier stage distillation à Autignac pour une émisison de radio partenaire de son projet, vous pouvez entendre cette émission à partir de ce lien (émission du 15 01 2015) :

    http://www.rphfm.org/De-l-alchimie-a-l-alambic-il-n-y-a.html

    Non seulement l'interview était intéressante et menée avec délicatesse, mais la musique aussi a été très bien choisie : Vous pourrez entendre une vieille chanson tzigane "O Devel Apipou" (Dieu va venir sur la terre) sublimement interprétée par Tcha Limberger, ainsi qu'un prélude de Bach pour violoncelle seul, et notre poète immortel Brassens pour finir… tout ce qu'il faut pour comprendre l'alambic et le bouilleur de cru…
    Et je ne suis pas le seul à tenir le crachoir, on y entend aussi Quentin Le Cléach et Martial Berthaud, les distillateurs de http://www.atelier-du-bouilleur.fr/.

    Merci Flore.

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  • Essenciers

    Mon ami Emmanuel Dalla Favera, collectionneur, distillateur, et restaurateur d'alambic à partums du pays de Digne fabrique des petits essenciers, ou vases florentins, en cuivre.

    Essencier petit modèleEssencier grand modèle

     

    Il propose 2 modèles : Le premier, photo de gauche, fait 85 cl pour alambics de 0 à 15 litres et le second, photo de droite, fait 215 cl pour appareils de 15 à 30 litres. Il est possible de faire plus gros sur demande.

    Le morceau de sucre sur les photos, c'est pour l'échelle, pas pour le canard !

    Le prix est de 40-45euros pour le petit et 50-55 euros pour l'autre + port.


    Pour voir le travail de restaurateur et de collectionneur de Manu, voyez cet article : http://www.devenir-distillateur.com/blog/les-plantes-aromatiques-et-medicinales-pam-distillation-et-autre/une-magnifique-collection-de-materiels-de-distillerie-de-lavande.html

    Contact : Emmanuel Dalla Favera : dalla-favera.emmanuel[voussavezquoi]orange.fr

    Mise à jour du 27 avril 2015 :

    Voici, à droite, un nouveau modèle avec entonnoir :

    Essenciers, 2 modeles

    PS de septembre 2016 :
    L'on vient de m'envoyer un lien vers un autre fabricant d'essenciers, en Russie. Alors pour les distillateurs de pin de Sibérie : http://alambik.com.ua/vspomogatelnye-materialy-i-oborudovanie/302-razdelitel-dlya-efirnogo-masla.html
    Si vous essayez, vous me direz !

  • Video sur l'alchimie des plantes

    Le site web Baglis TV, spécialisé dans l'ésotérisme, vient de publier une vidéo sur l'alchimie végétale. Deux alchimistes discutent de leurs façons de voir et façons de faire. Les deux, faute de ne jamais d'être rencontrés en vrai, se retrouvent virtuellement ici… Ce sont Patrick Rivière et moi-même au printemps dernier.

    Baglis tv

    Cliquez sur l'image, ou sur ce lien (http://www.baglis.tv/esprit/alchimie/P683-de-l-alchimie-vegetale) pour accéder au site de Baglis TV et acheter cette video (9,90 €).

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  • Stage distillation à Autignac

    • Le 16/09/2014

    Deux jours à la distillerie d'Autignac

                                                             Martial Berthaud, aux manettes de sa machine spatio-temporelle…

    Martial explique la distillationLes 13 et 14 septembre 2014, j'ai donné une formation distillation d'eaux-de-vie/Spagyrie dans les locaux de l'Atelier du Bouilleur, dans la distillerie coopérative d'Autignac, au nord de Béziers, qui appartient à l'Union des Distilleries de la Méditerrannée (UDM).

    Il s'agit de mon ancien atelier qui est maintenant tenu par Martial Berthaud et Quentin Le Cléac'h, et qui distille vins de Faugères et d'ailleurs, fruits et tout ce qu'un bouilleur de cru d'aujourd'hui peut imaginer pour satisfaire sa passion pour les spiritueux maison.

    Le programme était : une journée de distillation de vin autours d'un alambic à repasse, très simple. Techniques de fermentation, distillation &c… jusqu'à la dégustation finale des productions des participants (eaux-de-vie, liqueurs, et même quelques huiles essentielles et hydrolats).
    Nous avons commencé le second jour devant un Kethar marocain (distillation de romarin) à parler de l'histoire de la distillation et des pratiques connues dans le monde, différents systèmes de distillation, différents spiritueux, différentes essences en tentant d'enrichir notre pratique, professionnelle notamment, de ces expériences très multiples.
    Après un apéritif alchimique à base d'eau et de soleil dont vous trouverez la recette ici, nous avons réalisé un élixir spagyrique d'Absinthe, ce qui demanderai un peu plus qu'une petite journée, mais on a fait avec ce que l'on a pu, et je crois que tout le monde était plutôt content. L'élixir a été gouté en fin d'après midi sous la forme de granules homéopathiques.
    Nous avons abordé d'autres travaux alchimiques qui peuvent intéresser les distillateurs/liquoristes ou autres tels que la pierre du vin, qui est un véritable viatique, ou d'autres voies plus fameuses.

    C'est toujours un grand plaisir que de faire ce programme improbable qiu va du bouilleur de cru à l'alchimiste, car ces passionnés respectifs ne communiquent pas souvent alors que leur rencontre est réellement enrichissante pour tous. Les participants avaient d'ailleurs chacun des centres d'intérêt penchant plus pour les spiritueux pour les uns et pour les spirituels pour les autres, ce qui, présenté comme cela, montre une certaine appartenance à la même grande famille.

    Les documents suivants ont été remis aux participants et vous pouvez les télécharger gratuitement en gardant à l'esprit que ce sont des supports de stage, et la pédagogie n'est pas celle d'un cours par correspondance ou d'un livre.

    Histoire croisée de la distillationhistoire-croise-e-de-la-distillation.pdf (3.36 Mo)

    1 initiation a la spagyrie et aux médecines alchimiques1.-initiation-a-la-spagyrie-et-aux-me-decines-alchimiques.pdf (174.4 Ko)

    2 initiation a la spagyrie2.-initiation-a-la-spagyrie.pdf (140.79 Ko)

    Pour un résumé de la technique de distillation à repasse, vous pouvez vous reporter aux pages de "l'alambic" données sur ce site, et particulièrement ici :

    La distillation illustrée 1

    La distillation illustrée 2

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  • Cordial

    Bonjour tout le monde,

    Aujourd'hui j'ai reçu, parmi d'autres, la question suivante :


    quelle est le salaire moyen d'un distillateur professionnelle dans le pays du cognac je voudrais avoir la réponse dés que possible aujourd'hui

    J'ai donc immédiatement répondu (apparemment, c'était urgent) :

    Vous aurez peut-être une réponse quand vous aurez appris à dire "Bonjour" et "Merci".
    Bonne journée
    Matthieu
    C'est vrai quoi ?

    À part ça, je n'ai pas la réponse (si un bienveillant collègue du cognaçais veut bien répondre en commentaires à Monsieur ou Madame, merci pour lui/elle)

    Bon, blague à part, je ne vous apprend rien en reprécisant que vous êtes sur le site d'un particulier, qui n'est pas subventionné (ce n'est pas devenir-distillateur.gouv.fr…) par qui que ce soit et qui paye tout seul son hébergement pour éviter la pub à ses lecteurs (et à lui-même bien-sûr : je ne trouve rien de plus détestable aujourd'hui que cette habitude d'avoir de la pub sous les yeux partout tout le temps…). Je passe chaque jour un peu de temps pour répondre à mes lecteurs les plus angoissés, ce qui flatte mon ego bien-sûr, mais prend du temps, c'est normal.
    Alors svp fouillez un peu sur le site avant de poser des questions comme si vous jetiez une pièce dans la machine à café, c'est-à-dire sans réfléchir, et mettez un peu les formes de la cordialité, c'est la base dans le monde du cordial et du spiritueux…

    Allez, c'est tout pour aujourd'hui, je retourne à la préparation de mon stage de ce WE et à la fête des SIMPLES

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  • La goutte fait maintenant partie du patrimoine français

    L'Alambic au patrimoine !

    La revue de presse du Centre International Des Spiritueux (CIDS) nous apprend en relayant cet article (http://www.rtl.fr/actu/politique/bieres-et-spiritueux-inscrits-dans-le-patrimoine-de-la-france-7772861062) que l'alambic vient d'entrer, non pas encore au Panthéon, c'est encore trop tôt pour l'enterrer, mais au rayon "Patrimoine de la France" !

    C'est une bonne nouvelle qui va tout-à-fait dans le sens de la loi sur les bouilleurs de cru de 2003 qui actualise ce statut au titre de la sauvegarde des vergers et donc du paysage français.

    Il ne reste plus qu'à l'administration des douanes qui est maintenant en charge de la gestion de ce patrimoine d'intégrer cette notion dans leur politique interne et la Goutte du bouilleur de cru sera sauve (saine, elle l'est déjà, il ne restait que le second terme à gagner) !

    Mais on sait que le travail des douanes reste très proche de la loi et on peut être assuré de leur bonne volonté à protéger le patrimoine, même quand il ne rapporte pas grand chose au trésor.

    Merci à tous !

    Trinc !

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  • Distillation des roses 2014

    La distillation des roses sur site

    Distillateur, dur métier…
    La petite saison des roses est toujours un enchantement pour moi : récolte et distillation sur le site de l'eau florale, camping parmi les fleurs…
    Ma propre plantation est toute jeune et ne produit pas encore suffisamment, je pars donc distiller chez mes amis Marie-Laurence et Bernard Million (Roses et délices) à Massac, dans l'Aude sauvage. C'est d'ailleurs avec eux que j'ai commencé le travail sur la fleur des fleurs lorsqu'ils m'ont demandé, en 2007, de distiller l'alcool de leur vin de roses pour en faire des élixirs floraux (les fleurs de Bach).

    Le travail avec la rose est, pour moi, extrêmement enthousiasmant, et à la fois une discipline rigoureuse : la rose est une fleur très exigeante qui demande une perfection dans le travail à tous les niveaux (propreté du matériel, qualité de l'eau, soin dans la cueillette, et bien sûr, une admiration pour elle qui confine à la dévotion pour le plus universel des symboles de l'Amour…).

    Les difficultés techniques propre à notre fleur sont infinies, ce qui explique que les alcools "de rose" soient en général des amélioration chimiques d'alcools de litchis ou tout simplement des alcools neutres aromatisés grâce aux miracles d'une technologie dont notre civilisation moderne est si fière…
    Les pétales de roses sont hydrofuges, mais ne sèchent plus lorsque la distillation est terminée, les tanins puissants de certaines roses (roses de Provins et Gallica principalement) rendent la distillation alcoolique très difficile, même au bain-Marie (c'est terriblement attachant !), pour les alcools encore, la macération des pétales dans l'alcool est assez décevante : les arômes n'apparaissent qu'avec les queues (ils sont liés aux alcools lourds qui suivent l'éthanol)… la seule solution satisfaisante que j'ai trouvée pour les extraire est la fabrication d'un sirop (pétales + sucre cuits dans l'eau), mais là encore, attention, il faut bien filtrer pour isoler le marc avant distillation : ce dernier colle toujours au fond de l'alambic.
    Cette rose finalement vous révèle sa vrai nature : "tout ou rien" est sa devise, la perfection est de mise pour éviter l'échec désastreux. La rose est la féminité incarnée…Le travail des enfantsEau de rose

    Mais revenons à ces quelques jours de bonheur passés en famille dans la roseraie de Roses et Délices à Massac, avec l'alambic, le camion, et le violoncelle (la distillation est une activité qui permet le calme et les loisirs).

    Une déclaration à mon douanier préféré pour signaler le déplacement de la machine (on ne déplace pas sans grandes précautions une machine qui tient en même temps de la cocotte-minute, de la soucoupe volante, et, un peu, de la centrale nucléaire en suractivité émotionnelle) suffit pour cette opération qui n'est pas liée à la production d'alcool (sinon, il aurait fallu que le conseil municipal publie une autorisation d'ouverture d'atelier public de distillation, que les douanes agréent le lieu choisi, qui ne sera pas le lieu de production, sauf dans certaines régions ou c'est le contraire qui se pratique (?). Il aurait ensuite fallu que le distillateur fasse des déclarations aux douanes pour les dates de passage dans le bled, qu'il signale l'identité des bouilleurs de crus, lesquels doivent aller chercher à la recette "locale" (il y en a au moins une par département) le laissez-passer, ils font une description des fruits à distiller et justifient de la provenance. Ensuite le distillateur (c'est-à-dire le bouilleur ambulant) fait une déclaration de déplacement d'alambic (visée avant et après par la recette "locale"), et peut, si l'administration ne s'est pas emmêlée les pinceaux (ce qui arrive à chaque fois qu'une telle opération se met en route pour la première fois), commencer la distillation. A ce moment, il devra se plier aux horaires de travail de l'administration (non, pas les horaires de travail des douaniers eux-même, mais les horaires de travail autorisé définis par les douaniers, il faut quand-même travailler un peu), et remplir les formulaires pour décrire le déroulement des opérations (heure de remplissage, quantité et type de matière première, informations sur le bouilleur de cru, résultat estimé). Il pourra alors mettre en route sa machine de rêve, ou de cauchemar selon que l'on soit bouilleur ou contrôleur, et aura alors un peu de loisir pour surveiller les aller et venues des petites voitures blanches et douteuses qui pourraient circuler (mais non, si vous n'avez rien à vous reprocher, enfin !)…
    Voilà le scénario auquel j'échappais avec mon alambic à PPAM (plantes à parfum aromatiques et médicinales)…

    Je m'installais donc comme je le désirais, à l'heure qui m'a plu, sans craintes ni contraintes, sur le bord de la plantation, près de la rivière… Mon camion aménagé était garé sur le côté.
    Je me sentais juste libre… Je ne me rendais pas compte de la tension permanente dans laquelle je vivais avec mon activité de distillateur d'alcool, toujours à me demander ce que l'on allait avoir à me reprocher, ce que l'on allait encore bien me demander de faire de plus pour avoir juste le droit d'exercer mon activité, toujours à calculer ce que je dois faire pour éviter les complications…

    C'était tellement beau, ces roses, le camping, la rivière, l'alambic chauffé au bois ramassé sur les rives…

    A part ça, il a beaucoup plu cette année, mais bon, c'est la vie…

    A cause des conditions climatiques difficiles, la cueillette n'a pas été idéale et je n'ai produit que 80 litres de bonne eau de rose en 4 jours de travail (la cueillette aurait pu s'étaler sur 3 semaines, mais je ne suis pas un vrai nomade).
    Nous avons eu le (beau) temps de faire quelques élixirs floraux, et quelques macérations solaires de pétales dans l'huile (huiles de soins et de massages). Et des salades sauvages avec notamment l'ail sauvage et les fleurs de la plantation…
    Les roses l'alambic et les amis 1
    J'en ai aussi profité pour prendre un cours d'interprétation musicale avec le rossignol du coin (une bonne leçon !).

    Le bonheur vous dis-je !Days of bach and roses

    Quelques visites ont agrémentées le séjour (il y a toujours du monde pour la cueillette des roses !), notamment celle de Caroline et Michel (Wine-LR), pour un joli reportage qu'ils ont publié ici dans cette revue en ligne : http://www.winelr.fr/home/n-26-special-rose_article_mignone-allons-voir-si-la-rose.html (vidéo), http://www.winelr.fr/home/n-26-special-rose_article_matthieu-frecon.html (article).
    Les roses l'alambic et les amis 2
    Pour finir, avant que j'abandonne mes souvenirs pour retrouver la réalité (en l'occurrence, faire le désherbage de mes propres rosiers), si la vie paradisiaque que peut procurer le travail avec la rose vous attire, je vous signale que Marie-Laurence et Bernard Million souhaitent transmettre leur exploitation (plantation, labo de transformation, locaux). Vous trouverez le détail ici : http://www.leboncoin.fr/ventes_immobilieres/666707365.htm.
    L'heureux repreneur, s'il n'est pas en mesure de distiller seul au début, pourra peut-être me voir pour la belle saison du mois de mai. Je suis évidemment prêt à l'aider dans l'installation de la distillerie des roses Gallica de Massac.

    Cette petite fille n'est pas a plaindre

    Photos : Luc Micola (merci !)

    (Comme d'habitude, passez la souris sur les photos pour lire la légende)

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  • Alcool de riz au Vietnam

    Comment on distille l'alcool de riz au Vietnam

    Lors d'une visite du Vietnam distillatoire chez Laurent Séverac l'été 2013, j'ai ramené la petite vidéo suivante, prise à la volée avec mon appareil photo de poche…

    Monsieur Cuong, associé de longue date de Laurent Séverac, s'occupe de la plantation. Ils (M. Cuong et Laurent) distillent des plantes aromatiques cultivées sur place avec des techniques de permacultures et de biodynamie (j'ai malheureusement perdu la vidéo où Laurent présente la culture :-(
    Dans la plantation, il y avait un petit alambic emprunté aux voisins pour faire l'alcool de riz. Il s'agit du système de distillation le plus simple et le plus répandu au monde. Ici, le chapiteau/réfrigérant est fait dans une casserole modifiée posée sur une marmite, le tout est en aluminium ou en inox.

    Voici M. Cuong qui nous explique le mode de préparation du riz.
    On utilise des germes séchés achetés au marché pour mettre le riz cuit en fermentation, méthode proche de la saccharification avec le malt d'orge chez nos distillateurs de whisky. Certains utilisent des champignons particuliers comme enzymes, mais je n'ai pas vu faire.

    Le riz est mis à fermenté dans la marmite même de l'alambic.

    Deux choses à retenir : la qualité du riz défini la qualité de l'eau-de-vie ; et, au Vietnam, tout le monde (au moins à la campagne) distille comme cela…

    Les vidéos sont données brutes de décofrage, sans montage. La seconde, très courte est juste ajoutée pour une petite mise-au point qui manquait à la première. Si quelqu'un veut soit m'expliquer comment les rendre un peu plus présentable, soit le faire lui-même, je suis preneur, merci !

    Monsieur, madame Cuong, et leur fille Noklin :

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  • Devenir distillateur… comment faire ? + le statut de "petit opérateur"

    bonjour, je suis en plein dans ma création de distillerie artisanale et je voudrais savoir quel est l'objet social d'une activité de distillation d'huiles essentielles et d'alcool de bouche ???  merci beaucoup.

    Comment s'installer distillateur ? voilà une bonne question que l'on me pose souvent…

    D'abord, ce métier est libre, il ne demande aucune formation particulière obligatoire. Ensuite, c'est une activité artisanale (sauf si elle s'intègre dans votre activité agricole) qui à pour seule particularité d'être contrôlée par les douanes (services des contributions indirectes). La douane est la police du Ministère de l'Economie et à ce titre, elle veut avoir un regard sur la gestion de votre activité favorite pour être bien sûre de bien pouvoir récolter les droits d'accises (les taxes sur les alcools de bouches).
    Donc, la première chose à faire est de contacter simultanément la Chambre des Métiers pour vous déclarer comme artisan distillateur, et votre bureau de douane pour mettre en route les démarches pour avoir l'autorisation préfectorale (le préfet est une autorité locale des douanes) d'acquérir et d'utiliser un alambic (pour faire de l'alcool. Pour faire des huiles essesntielles, c'est un peu plus simple, j'en parle à la fin de cet article).Cet agrément de distillateur (distillateur souvent nommé "bouilleur ambulant", ou encore "loueur d'alambic ambulant") vous sera automatiquement donné quand vous aurez un n° de SIRET (c'est-à-dire que vous serez déclaré) si l'enquète fiscale mise en œuvre par la préfecture et les douanes ne révèle pas de dettes que vous auriez envers l'état (impôts &c…). On dit aussi que cet agrément peut être refusé en cas de passif du genre condamnation pour état ivresse, mais je ne suis pas certain de la légalité de la chose et de toute façon, je n'ai jamais vu un agrément refusé pour cela (en tout cas, si vous êtes distillateur, faites gaffe à votre alcoolémie…).
    Au niveau Chambre des Métiers, vous pouvez avoir n'importe quel statut, même auto-entrepreneur, ce qui permet de démarrer doucement.


    Vous êtes maintenant un travailleur déclaré à la Chambre, et aux douanes, vous pouvez acquérir votre premier alambic.


    Pour ce faire, après avoir fait affaire avec le vendeur de cette machine à rêve, vous devez faire à votre douanier de prédilection une "demande d'acquisition", en même temps que le vendeur fera une "demande de cession" à son propre bureau. Ceci obtenu, vos douaniers vous donneront les formulaires nécessaires pour pouvoir transporter l'appareil (un alambic n'est jamais déplacé sans autorisations, jamais). Toutes ces autorisations se font en avances. N'achetez pas l'alambic avant de faire les formalités, les douanes détestent ça.

    Vous avez maintenant votre statut, et votre matériel.
    Vous pouvez opter pour plusieurs formules :

    - Vous voulez être "bouilleur ambulant", c'est-à-dire prestataire de service, et donc distiller le cru des bouilleurs de cru de votre région : vous êtes prêt. Sauf que si vous devez distiller pour des professionnels qui vont vendre leur production, l'administration (les douanes) peut vous demander d'avoir un "entrepôt" avec son compte d'entrepôt et un cautionnement bancaire (mais pas forcément). Ce cautionnement est assez couteux, mais doit être calculé en fonction d'un prévisionnel de production que vous ferez aux douanes. Ce cautionnement garanti aux douanes que votre banque va régler les droits d'accises en cas d'incapacité de votre part. Mon banquier qui s'y connait dans la matière m'a dit qu'au cours de sa longue carrière, il n'a jamais vu la mise en œuvre d'un cautionnement… c'est une garantie aussi superflue que contraignante (et en plus des 100 ou 200 € par an que coute cette babiole, le montant de votre cautionnement se rajoute à vos crédits en cours, vous limitant ainsi en cas de demande de crédits…).
    Gérer un entrepôt vous oblige à faire une déclaration récapitulative mensuelle (DRM) et un inventaire annuel qui déclarent les mouvements dans celui-ci.
    Si vous ne voulez distiller que pour des bouilleurs de cru (des amateurs donc, avec ou sans privilège), vous devriez être quitte de ces rapports et ces charges. Dans ce cas, les douanes vous demanderont parfois de signer une convention qui vous demandera de récolter les taxes de vos clients pour les rembourser ensuite à la recette des douanes. En clair, ils peuvent vous demander de faire gratuitement leur boulot tout en vous demandant d'assurer les risques en cas de problèmes. Je ne donnerai pas mon avis sur ce genre de procédés, je dirais seulement que tous les bouilleurs ambulants ne sont pas tenus à cette charge.

    - Vous voulez vendre vos alcools, ou faire des liqueurs &c… Ici, c'est l'entrepôt qui vous attend (pas forcément, mais la plupart du temps). Dans la mesure où vous ne produisez pas de quantités énormes d'alcools distillés par des colonnes monumentales, vous aurez droit au statut spécial petites distilleries, qui vous dispense de compteurs volumétriques. Vous n'aurez peut-être pas besoin d'un cautionnement car par chance, une toute nouvelle disposition vient d'être mise en place qui intéresse tous les débutants et les semi-pro (c'est à dire les pros ou les retraités qui peuvent avoir une autre activité principale, la distillation venant en second), c'est le régime "petit opérateur" qui va vous permettre d'échapper au cautionnement.

    Ce nouveau statut (qui date de novembre 2013) va vous être accordé si votre projet prévisionnel ne prévoit pas une production annuelle supérieure à 20 000 € de droits d'accises (ces droits s'élèvent à environ 17 € le litre d'alcool pur). Un "petit opérateur" est purement et simplement exonéré de cautionnement. Je ne sais pas si un distillateur qui travaille pour des producteurs qui vont revendre leur alcools (vignerons par exemple) peut bénéficer de cette heureuse disposition.

    Où travaille le distillateur :

    Le bouilleur ambulant travaille dans un atelier public. C'est un lieu ouvert ou fermé, public ou privé, que le conseil municipal désigne (en général sur la demande du futur bouilleur ambulant). La décision du conseil municipal est envoyée aux douanes qui agréent. Il faut retenir que le bouilleur ambulant peut travailler sur un poste fixe ou réellement se déplacer de villages en villages…
    Le distillateur de profession (qui vend sa production, il gère un entrepôt) lui, travaille dans son atelier qu'il appelle de la façon qu'il veut (c'est une distillerie). C'est encore la mairie qui fait une déclaration aux douanes (les douanes veulent s'assurer que le maire est bien au courant de cette activité dans le village).

    Vous voulez distiller des huiles essentielles :
    C'est plus simple disais-je, mais il vous faut quand-même déclarer a priori votre activité et vos achats et déplacements d'alambics aux douanes. Un alambic qui distille des plantes aromatiques (PPAM) à l'exclusion de toute autre chose (c'est à dire de l'alcool) s'appelle parfois un "extracteur de plantes aromatiques" et est rarement soumis aux obligations de scellés (d'ailleurs les alambics à alcools ne sont pas toujours scellés : l'usage régional décide).
    Si vous êtes agriculteur (exploitant agricole ou même cotisant solidaire), si votre activité précise "production et transformation de PPAM (Plantes à Parfums Aromatiques et Médicinales)", vous pouvez demander à vos douaniers l'achat et l'utilisation d'un alambic sans crainte de voir votre jardin d'Eden se transformer en enfer administratif.

    Si vous êtes Bouilleur de cru, c'est à dire récoltant amateur qui veut faire son eau-de-vie familiale, vous ne pouvez pas avoir un alambic (parce que vous n'êtes pas professionnel), mais vous pouvez quand même distiller vous-même votre cru si vous avez accès à un syndicat communal de distillation avec un alambic collectif, ou si vous êtes alsacien ou lorrain… Pour ces syndicats, voyez les sites de la FNSRPE ou celui de Gilbert d'Arc-et-Senans (vous trouverez les liens sur ce site).

    Ouf, j'ai certainement oublié un tas de cas, mais vous pouvez me poser tous les problèmes que vous et vos douaniers voudront imaginer et j'essayerai d'y répondre. En revanche, je n'ai pas pris le temps de citer les articles du CGI (code général des impôts), ou des directives &c… alors, surtout si vous êtes de l'administration, merci de me faire part de vos connaissances et de vos avis éclairés.

    Bon courage à tous, c'est une bien belle activité que de distiller !

    Matthieu

    PS. Juste un conseil : démarrez doucement : par exemple d'abord prestataire de service, puis entrepositaire dans un second temps…

    Un exemple de document des douanes autorisant la dispense de cautionnement (statut de petit opérateur) :

    Dispense caution1Dispense caution2

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  • Nouvelles de la distillerie

    De l'Eau-de-vie à l'eau de Rose

    La presse locale du pays d'Auge, en Normandie, à eu la bonne idée d'annoncer la remise en activité de 2 alambics anciens de cette belle région de production de calva.
    Mes lecteurs savent l'admiration que je porte aux parfumeurs indiens et il se trouve que je transforme mon activité de bouilleur ambulant (alcools donc) en distillateur de PPAM (Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales), distillateur de Rose en particulier.
    Les alambics traditionnels du Pays d'Auge sont très inspirés des appareils charentais qui nous distillent le cognac, leur forme ovale et applatie a juste un peu évolué vers la forme plus ronde du fruit défendu (je veux dire, le fruit que les normands défendent) : la pomme. Il se trouve que ces alambics très primitifs sont très proches des Degs indiens qui fournissent à mon avis les meilleures essences de rose notamment. Dans les articles que j'ai consacré sur ce blog à la distillation de la rose, je montre ma préférence pour l'utilisation de ces systèmes simples et j'ai choisi ces instruments pour ma future production d'eau de rose. Alambic-indiens-1.jpg

    C'est mon ami Benoît Noël, merveilleux écrivain de l'absinthe (lire ici) et du calva (lire ) qui m'a mis en contact avec le propriétaire de cette ancienne distillerie à vendre. C'est lui encore qui, toujours soucieux de montrer que le patrimoine de son pays d'adoption a encore un sens et une vie dans ce monde actuel, monde plus transitoire que moderne, a eu la bonne idée de prévenir la presse qui a bien compris le message d'espoir de cet instrument plus important qu'on ne le pense habituellement : l'alambic.

    Voici les articles de messieurs Matthieu Vesques (Journal du Pays d'Auge, 25 février 2014) et Christian Liégard (Ouest-France, même date).

    journal.du.pays.d.auge.25-02-14.matthieu.vesques

    ouest-france.25-02-2014.christian.liégard.jpg

    Je vous donnerai bientôt des nouvelles sur l'évolution de mon travail de distillateur de rose et des précisions la succession à la distillerie d'Autignac… dans quelques semaines…

    En attendant, ça va être la saison de planter les rosiers !

    Merci à Benoît Noël, Frédéric Penant, Matthieu Vesques et Christian Liégard.

    PS. cliquez sur les images pour les agrandir

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Date de dernière mise à jour : 04/04/2025